Fédération PCF du Bas-Rhin (67)

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Commémoration de l'assassinat de Georges Wodli cheminot et communiste, par les nazis

Intervention d'Hulliya Turan secrétaire départementale

 

Cher.e ami.e, cher.e camarade,

Au nom de la Fédération du Bas-Rhin du Parti communiste français je voudrais remercier le secteur fédéral de la CGT des cheminots de m’avoir invitée prendre la parole à l’occasion de cette commémoration. Je souhaite remercier très chaleureusement notre ami Mazouz BENLAZERI, Secrétaire général CGT du secteur des cheminots de Strasbourg.

Nous commémorons aujourd’hui la mémoire de tous les cheminots tombés au champ d’honneur. Je pense à des figures comme Pierre Semard, Jean Catelas, Louis Armand et bien évidemment à Georges Wodli. Comment oublier son martyr dans les caves de la Gestapo le 2 avril 1943 ? Mort pour la France... Mort pour une France de liberté, d’égalité et de fraternité. Une vie de combat, de résistance et un engagement corps et âmes. 75 ans déjà se sont écoulés et pourtant son engagement reste d’une tellement d'actualité !

Son combat d’antifasciste d’hier ne résonne-t-il pas singulièrement aujourd’hui ?

Le ventre de l’Europe est toujours « fécond de la bête immonde ». Dans des conditions différentes, la peste brune rode et montre le bout du nez. L'obscurantisme ressurgit, l’odeur nauséabonde des pires périodes de l’histoire s’infiltre.  Des idées de haine, de mépris, des idées fascisantes refont surfaces, et des actes inadmissibles, de plus en plus nombreux, ne peuvent être ignorés (notre ville en a été malheureusement témoin à plusieurs reprises depuis l’ouverture du local Arcadia). Nous ne pouvons pas laisser ces actes se banaliser et ces idées gagner du terrain.

Mes amis, mes camarades, le piège de la division populaire a refait surface.  Des boucs-émissaires sont désignés : les juifs aujourd’hui comme hier, les musulmans, les Lgbt, les sans-papiers, les femmes, … la liste serait est longue. « L’Autre » est celui qui profite du système, il est responsable du chômage, de l’insécurité, de la violence, de la dette, de la faillite de notre système social. Mais qui est cet « Autre » si ce n’est notre voisin, notre collègue de travail, chacun.e d’entre nous, les 99%. Alors qu’il est clair que ce sont les 1% qui remplissent chaque année leurs poches au détriment du plus grand nombre.

N’oublions pas que le fascisme se nourrit des souffrances sociales et se renforce des politiques d’austérité pratiquées par ceux qui portent les habits du renoncement.

Ce que nous vivons aujourd’hui nous rappelle les années 30 : la crise du capitalisme, la montée des forces d’extrême droite, les souffrances sociales. Commémorer la mémoire de Georges WODLI c’est commémorer son combat, l’universalité de son combat.

Dans cette période trouble, une question refait surface : Que faire ?

Mais, au miroir de l’action résolue de Georges Wodli, nous pouvons trouver des éléments de réponse.

Un fil conducteur a guidé son action : la volonté de rassembler « les damnés de la terre, les forçats de la faim »

 

D’abord au niveau syndical :

Georges Wodli dirigeant syndical à la CGT-U, d’obédience communiste, fut l’artisan de la réunification des syndicats cheminots divisés.
Il pensait que l’unité syndicale est fondamentale, que l’unité des travailleurs est une des conditions fondamentales de la transformation sociale. Gardons cela en tête !

Les revendications, qu’il défendait hier, sont plus que jamais d’actualité : la bataille entre le travail et le capital s’est davantage aiguisée avec un Président de la République, aux manettes, main dans la main avec le patronat français et mondial, qui tel un bulldozer s’attaque à l’ensemble des conquis.

N’oublions pas que c’est avec le Front Populaire que la SNCF a trouvé un statut protecteur pour les cheminots. C’est dans une France meurtrie et ruinée par la Guerre que la sécurité sociale a été généralisée, que le service public a constitué la colonne vertébrale de notre société, la structurant en termes de droit jusqu’aujourd’hui.

Alors quoi ? La France, parmi les plus grandes puissances du monde, ne serait plus en mesure de garantir des droits. Prenons nos responsabilités : dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans celle du camp des 1% dont que E.MACRON a clairement choisi ou celle des 99% que nous défendons. Un choix s’impose !

Il est possible d’inverser le cours de l’Histoire avec la fin de l’évasion fiscale, avec l’interdiction des licenciements boursiers ; avec la Sécurité de l’emploi face à la flexibilité ; la Retraite à 60 ans à taux plein, la semaine des 32h, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes …

Membre du comité central du PCF, Georges WOLDLI a été un des artisans du Front Populaire en Alsace. Il voulait rassembler les travailleurs, celles et ceux qui subissaient de plein fouet la crise du capitalisme, transformer la colère en un puissant mouvement populaire pour balayer ce vieux monde.

Voilà qui ouvre des pistes pour notre combat d’aujourd’hui !

A notre échelle, dans des conditions différentes, nous essayons de marcher dans les pas de Georges Wodli,

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous commémorons Georges Wodli comme résistant mais aussi comme dirigeant politique du mouvement ouvrier alsacien, pour lequel l’antiracisme et l’antifascisme sont indissociables du combat de classe.

Cher.e ami.e et camarade, je me dois d’avoir quelques mots concernant la lutte actuelle des cheminots. Face à la volonté de casser le service public du rail au nom de la concurrence libre et non faussée, au nom de l’argent-roi, le gouvernement Macron- Philippe s’est lancé dans un véritable bras de fer contre les cheminots mais également contre l’ensemble de la population.

Je veux saluer ici la détermination de la CGT et la lutte de l’ensemble des syndicats dans la défense de notre bien commun : le service public !

Je veux saluer aussi la lutte des étudiants qui défendent leur avenir, la lutte des personnels soignants et de santé, celles des travailleurs à Carrefour.

Nous-mêmes, travailleurs, précaires, agents de la fonction publique ou ouvriers, menons la bataille à vos côtés, dans l’intérêt du plus grand nombre. Comme dans le passé, nous répondons : présents !

Face aux start-up et à la France des « sans statut » tant attendue par le grand patronat, par les Ayrault, les Vinci, les Bouygues, je veux dire ici que nous sommes tous des ouvriers d’Alstom, des caissières de Carrefour, des personnels soignants des Ehpad, des éboueurs et des étudiants. Nous sommes tous des cheminots. Et je voudrais vous dire que je suis très fière de l’être !

 

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