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LETTRE-OUVERTE A l’attention de Monsieur Marx, Préfet du Bas-Rhin

LETTRE-OUVERTE

 

A l’attention de Monsieur Marx, Préfet du Bas-Rhin

 

Faudra-t-il un mort pour fermer « L'Arcadia » et dissoudre « Le

Bastion Social » ?

 

Copie à la presse

Copie aux parlementaires alsaciens

Copie aux groupes Communistes du Parlement

 

La situation engendrée par l'ouverture à Strasbourg, le 9 décembre 2017, du local d'ultra-droite « L’Arcadia » est grave. Je vous demande, par cette lettre ouverte, de saisir le Ministre de l'intérieur, qui peut décider en Conseil des ministres de prendre un décret de dissolution de mouvements radicaux, en se référant à l'article L212-1 du code de la sécurité intérieure. Je vous demande également avec la même solennité la fermeture du local « L’Arcadia ».

Le local « L’Arcadia » est géré par l’association « le Bastion Social », organisation d'extrême-droite, vitrine du Groupe Union Défense (G.U.D) connu pour ses actes violents et racistes notamment dans les villes de Lyon et de Paris.

L'objet de cette association, ses actions récentes ainsi que le comportement d’individus qui lui sont étroitement liés, entrent dans la caractérisation de ce type de mouvements radicaux : "qui, soit provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence."

Pour rappel, deux décisions du Conseil d’État (CE, 30 décembre 2014, Association "Jeunesses Nationalistes" et M.A. et CE, 30 décembre 2014, "L'Œuvre Française") ont validé les décrets de dissolution de groupes.

Face à l'indignation générale exprimée par de nombreux Strasbourgeois, je ne peux me satisfaire de la réponse que vous avez apportée, parue dans les DNA du 20 Janvier, indiquant que « Contrairement à ce qui s’était passé à Lyon où le Bastion social occupait illégalement un squat, le mouvement occupe à Strasbourg un local de manière légale. Aucune infraction de nature à justifier la fermeture du local n’a été à ce jour constatée mais les autorités suivent avec une attention toute particulière ce dossier ».

Bien au contraire, je considère que l’organisation d'ultra-droite qui gère ce local, en organisant des activités de nature discriminatoire et en incitant à la haine et à la violence, constitue une menace pour l'état de droit et les libertés républicaines.

En moins de deux mois, au-delà du climat anxiogène qui s'est installé dans le quartier de l'Esplanade, on ne compte plus les actes de violences tombant sous le coup de la loi et dont les liens avec « Le Bastion Social » sont indéniables.

Des actes de violences répétés :

N’est-il pas exact que le 9 décembre 2017, en marge de l’inauguration du bar « L’Arcadia », une vingtaine de personnes dont le trésorier de l’association « Le Bastion Social », ont roué de coups un jeune homme d'origine algérienne ? Trois militants du « Bastion Social » ont été traduits en justice et condamnés pour violence en réunion.

N’est-il pas exact que le 20 janvier 2018, deux militants du « Bastion Social », à peine sortis du local « L'Arcadia », ont agressé un conducteur de tram de la CTS et deux personnes ayant participé à la manifestation pour la fermeture du local, ainsi que le révèlent les DNA du 21 janvier ?

Des actions de nature discriminatoires :

Diverses publications sur les réseaux sociaux et différentes interviews dans la presse de militants du «Bastion Social » font connaître publiquement l’organisation de tournées discriminatoires « d'aide aux sans-abris français », au nom de la préférence nationale, principe condamné à de nombreuses reprises par la justice française.

La promotion d'une culture de violence et de haine :

Des clichés circulent sur les réseaux sociaux où l'on peut voir notamment le Président du « Bastion Social » de Strasbourg posant avec une arme à feu.

Dans ce contexte de recrudescence des violences d'extrême-droite en Europe, cette exhibition d'arme à feu n'est pas à prendre à la légère. D'autant que dans ce local sont organisées des conférences faisant l'apologie des idées fascistes et de la violence, comme celle du 13 janvier dernier, avec Gabriele Adolfini, militant d'ultra-droite italienne, condamné en raison de ses activités subversives en Italie durant les années 1970 et 1980.

Les menaces qui pèsent sur les Strasbourgeois sont réelles, notamment pour les militants antifascistes et celles et ceux du mouvement social, sur les personnes LGBT et sur les citoyens supposés issus de l'immigration.

En l’absence de mesures prises par l’Etat, le risque de voir se banaliser ce type d’incident portant atteinte à l’ordre public et à la sérénité du quartier, n’est pas à sous-estimer.

Les condamnations vis-à-vis de cette association sont unanimes et les craintes fondées. Le Conseil municipal de la ville de Strasbourg a d’ailleurs voté à l’unanimité une motion pour demander la fermeture du local.

Aussi j'espère une action rapide et conséquente de votre part pour éviter qu'un drame se produise dans notre ville. J'espère qu’il ne faudra pas attendre un mort lors d'une « ratonnade » pour voir « L'Arcadia » fermé et « Le Bastion Social » dissout.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma considération distinguée.

Hülliya TURAN

Secrétaire départementale

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