Fédération PCF du Bas-Rhin (67)

Fédération PCF du Bas-Rhin (67)
Accueil
 
 
 
 

Eléments d'analyse du résultat des élections municipales dans le Bas-Rhin

Elections municipales des 23 et 30 mars 2014

 

Depuis 2012, la politique menée par François Hollande n’a fait qu’aggraver la situation française. Les politiques d’austérité au service des grandes fortunes et des puissances financières, l’accroissement du chômage, de la précarité, sur fond de magouilles politiciennes, ont engendré une profonde déception ainsi qu’un renforcement du rejet et du dégoût de la politique, qui se sont traduits par une profonde défiance à l’égard du gouvernement et du système de représentation.

Dans la région, comme au niveau national, l’abstention a très importante. A Strasbourg, Schiltigheim et Mulhouse, elle a dépassé 50% au 1er tour.

C’est dans les quartiers populaires, là où les difficultés de vie sont de plus en plus insupportables, où les réponses aux problèmes quotidiens des habitant-e-s se font toujours attendre, où l’espoir d’une vie meilleure continue à s’éteindre, que le fossé avec le politique se creuse de plus en plus. L’abstention qui s’est manifestée dans ces quartiers, atteignant jusqu’à 75% dans certains bureaux de vote de Strasbourg et Mulhouse, doit interpeler toutes les femmes et tous les hommes qui se sentent de gauche !

Le Parti communiste s’est employé à construire, à participer à la construction de listes de rassemblement les plus larges, partout où c’était possible.

Alors qu’en 2008, dans le Bas-Rhin, le Parti communiste n’avait présenté aucun candidat (si ce n’est sur deux listes d’entente municipales dans des petites communes), nous nous félicitons d’avoir pu cette fois-ci contribuer à l’élaboration de 4 listes, avec la présence de  27 communistes aux côtés de candidats présentés par d’autres organisations du Front de Gauche et de nombreux citoyens-nes souhaitant s’engager pour porter des propositions politiques alternatives, de progrès social.

Pour la 1ère fois, des communistes ont été présents sur des listes de rassemblement de gauche à Haguenau et à Lingolsheim, permettant ainsi faire barrage à la droite et l’extrême droite.

 

A Haguenau, les 892 voix (7,68%) qui se sont portées sur la liste de rassemblement conduite par Leïlla Witzmann, ont permis son élection au 1er tour, limitant de ce fait quelque peu l’entrée du FN au sein du conseil municipal. L’existence de cette liste a permis par ailleurs d’offrir à un électorat de gauche la possibilité d’une expression politique, alors que le PS a  apporté son soutien et des candidats à la liste présentée par l’UDI !

Deux listes présentées par le Front de Gauche ont pu se constituer dans le Bas-Rhin : une liste « A Strasbourg, l’Humain d’abord ! » avec 65 candidats, conduite par JC Val (Parti de Gauche) et Hülliya Turan, chef de file des communistes,  et une liste « A Schiltigheim, l’Humain d’abord  » avec 29 candidats, conduite par Marc Baader (sans étiquette) et Laurence Winterhalter, chef de file des communistes.

 

Une mobilisation militante très nouvelle et une campagne offensive du PCF et du Front de Gauche ont permis de mettre en avant, en débat, des propositions politiques concrètes, novatrices, ambitieuses, pour faire de ces villes des boucliers contre l’austérité, pour améliorer le quotidien des populations.

La liste « A Schiltigheim, l’Humain d’abord » a pu atteindre le score de 5,41% (450 voix), atteignant même plus de 10% dans le quartier du Marais.

A Strasbourg, les 2819 voix recueillies par la liste « A Strasbourg, l’Humain d’abord ! » (3,97%), n’ont pas permis d’envisager la présence d’élus du Front de Gauche au conseil municipal.

Sans doute les sondages publiés à la veille du 2ème  tour, plaçant la liste de R. Ries  (PS-EELV) et celle de F. Keller (UMP-UDI) au coude à coude, ont-ils amené un certain nombre d’électeurs à voter pour les « sortants », pensant ainsi mieux faire barrage au retour de F. Keller. Mais il faut noter aussi le très inquiétant travail de réseau réalisé par la liste communautariste de Tuncer Saglamer dans certaines cités, qui a drainé des mécontentements et s’est traduit par des scores très élevés dans certains bureaux de vote : jusqu’à 20,% à l’Elsau, 13% à Hautepierre, 23,7% à Cronenbourg.

Sur le fond, l’offensive idéologique menée par la droite et l’extrême droite ces derniers mois, sur les thèmes de la famille et de l’éducation (mariage pour tous et soi-disant  « théorie du genre »), combinée à une grande déception de l’électorat de gauche et à un désarroi grandissant, a renforcé l’abstention, entraînant l’électorat potentiel du Front de Gauche dans la spirale de rejet du système de représentation. Cette offensive a permis le renforcement de la droite et de l’extrême droite déjà bien implantée dans la région.

Si le Front National ne gagne pas de mairie en Alsace, il siègera dans plusieurs conseils municipaux, à Haguenau, Sarre-Union, Illzach, Mulhouse, Strasbourg, Wissembourg. Il progresse dans tous les quartiers de Strasbourg, atteignant même 17,88% dans le canton 10 (Neuhof, Port de Rhin, Stockfeld), près de 24% dans un bureau de vote du Neuhof, 23,3% dans un bureau de la Montagne verte. Les résultats du FN restent faibles au centre-ville, et tendent à augmenter au fur et à mesure qu’on s’en écarte.

La droite, déjà bien implantée dans le département conquiert Schiltigheim, ville gagnée par la gauche en 1977. A Strasbourg, la municipalité ne bascule pas à droite. Néanmoins au 2ème tour, par rapport à 2008, la liste Keller gagne 3017 voix, quand le PS y perd 8312 voix. La droite nourrissait l’espoir de reconquérir la ville, ainsi qu’elle l’a réalisé dans nombre de villes du reste du pays. Fabienne Keller ne s’est finalement vue devancer que de 1509 voix au 2ème tour, par la liste conduite par Roland Ries. Il s’en est fallu de peu.

L’augmentation de la participation entre le 1er et le second tour, de quelques 5 points, a sans doute traduit la volonté des électeurs de ne pas laisser revenir la droite à Strasbourg.

Mais très clairement, l’élection de la liste conduite par Ries, n’aurait pas été possible sans les voix qui s’étaient portées au 1er tour sur la liste « A Strasbourg, l’Humain d’abord ! ». La nouvelle équipe municipale PS-EELV devra tenir compte de cette réalité.  

Roland Ries qui, au 1er tour, a perdu 10547 voix, par rapport à 2008, alors que Fabienne Keller n’en a pas gagné, et qu’A. Jund (ELV) en a gagné 1307, devra continuer à bien garder à l’esprit qu’il a été élu « sur le fil ». Il a été élu grâce à un électorat de gauche qui s’est mieux mobilisé pour le 2ème tour, mais qui a en même temps exprimé une très forte défiance vis-à-vis de la politique menée tant nationalement que localement. Les électeurs ont envoyé un message clair, les attentes de changement sont fortes.

Alors que le FN refait son entrée au conseil municipal, alors que la présence sur la liste de Roland Ries d’un membre du Medef et d’une ancienne adjointe au maire de F. Keller ne laisse pas augurer une prise en compte du changement de cap attendu par de nombreux électeurs déçus par la politique de Hollande, nous alertons fermement les élus de la majorité municipale ainsi que les Strasbourgeoises et Strasbourgeois : toute nouvelle déception pourrait aboutir à des scénarii bien plus inquiétants encore !

Les habitants-es, et particulièrement les jeunes, les salariés, les précaires, les chômeurs, les personnes âgées, notamment dans les quartiers, attendent d’autres choix politiques de la municipalité ! Ils attendent une autre politique que celle qui consiste à démanteler les services publics de proximité, à offrir aux appétits privés et aux promoteurs immobiliers des espaces leur permettant de s’enrichir sur le dos du plus grand nombre. Ils attendent que leurs conditions de vie et d’emploi s’améliorent, de pouvoir participer réellement aux décisions qui sont prises, d’être considérés comme des citoyens à part entière et non comme des personnes  que l’on dit « consulter ». Ils attendent d’avoir réellement le soutien de la municipalité pour ceux qui veulent prendre des initiatives, dans tous les domaines culturels et sociaux. Les communistes seront avec le Front de Gauche, à leurs côtés pour leur permettre de se faire entendre, pour continuer à porter avec eux les propositions avancées par la liste « A Strasbourg, l’Humain d’abord ! ».

Les communistes, avec le Front de gauche, poursuivront partout dans le département, la démarche engagée à l’automne dernier lors des  « Ateliers du jeudi », avec des personnes issues d’associations, des syndicalistes, et qui a permis l’élaboration des propositions portées pendant la campagne des municipales.

Rassembler au plus près, et le plus largement possible, tel a été notre objectif dans cette campagne électorale. Nos propositions ont recueilli beaucoup d’intérêt, et elles ont fait l’objet de nombreux et riches débats lors des multiples assemblées citoyennes et rencontres de proximité.

Le débat pour faire vivre ces propositions localement et pour les articuler à l’ensemble de la politique nationale et européenne continue. Avec notamment la question de l’Eurométropole, portée aussi bien par les socialistes qu’EELV et la droite, qui fera l’objet d’un décryptage comme cela a été le cas pour le projet de Conseil Unique d’Alsace, afin que les habitant-e-s de toutes les communes de la CUS et du reste du département puissent en comprendre les grands dangers pour l’avenir, et luttent pour défendre leurs communes.

Nous appelons les hommes et les femmes de gauche à reprendre la parole pour réveiller la gauche. C’est ce que nous proposons avec la Marche du 12 avril à Paris «  Contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses ».

200 personnalités d’horizons divers, soutenues par un grand nombre de partis politiques, dont le PCF, et d’organisations syndicales, ont dès avant ce scrutin municipal, lancé un appel à une « Marche nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du « pacte de responsabilité », pour une juste distribution des richesses ».  Ils appellent aussi à « construire une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique et féministe, fondée sur la solidarité ».

En nommant Manuel Vals à la tête d’un gouvernement de combat pour porter le pacte de responsabilité, Hollande a montré qu’il restait sourd au coup de tonnerre électoral envoyé par les Françaises et les Français.

Alors, massivement le 12 avril, plaçons-le devant ses responsabilités face à tous ceux qui en 2012 ont « dégagé Sarkozy », et qui ont espéré la mise en œuvre d’une véritable politique de gauche !

Cette marche ne restera pas sans lendemain.

Strasbourg, le 2 avril 2014

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.