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27 Mai 2020 : Journée nationale de la Résistance - Commémoration des martyrs de la Résistance et de la création du Conseil National de la Résistance

 

27 Mai 2020 : Journée nationale de la Résistance - Commémoration des martyrs de la Résistance et de la création du Conseil National de la Résistance

Intervention d’Hülliya TURAN, secrétaire départementale de la Fédération du Bas-Rhin du PCF

Madame, Monsieur,

En ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, nous célébrons la création du Conseil National de la Résistance et rendons hommage à toutes celles et ceux qui ont combattu, à celles et ceux morts durant la guerre de 39-45.

Le paroxysme de la barbarie est atteint quand tuer l'ennemi ne suffit plus. La haine de l'autre et le refus de la différence nourrissent une bête immonde jamais rassasiée.

Parce qu'ils étaient juifs, tziganes, communistes, syndicalistes, socialistes, résistants, homosexuels, handicapés… des hommes, des femmes et des enfants ont fait figures de parasites à éliminer.

C'est face à cette idéologie ultraréactionnaire qu'une certaine France s’est levée. Une France courageuse et déterminée, qui a dit « non » à l'envahisseur et « oui » à la Liberté.

Le 18 juin 1940, alors qu’une partie de notre pays était occupée par les Allemands, le Général de Gaulle lança son appel à la Résistance depuis la BBC. La veille, à Draguignan, Charles Tillon membre de la direction du PCF, appelait lui aussi le « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, les commerçants, les artisans, les intellectuels, les soldats, les marins, les aviateurs encore sous les armes, à s'unir dans l'action ».

La Résistance, née du plus profond des peuples, joua un rôle déterminant dans maints pays occupés, des montagnes de la Yougoslavie aux maquis de notre pays. C’est à eux qu’il nous faut penser aujourd’hui.

Levés pour refuser l’inacceptable, ils ont combattu le fascisme au péril de leur vie, de celle de leurs proches : gaullistes, militaires et hommes blessés de voir la nation abaissée, vendue aux ambitions d’idéologues lointains ; hommes de foi qui ne pouvaient supporter le traitement infligé à des hommes, des femmes, fils et filles de Dieu selon leurs conceptions ; communistes, antifascistes résolus qui avaient refusé le putsch de Franco ou la capitulation de Munich, déterminés à défendre la classe ouvrière et le bonheur commun. De nombreux jeunes, hommes et femmes, de toutes confessions, de tous engagements politiques ou syndicaux, se sont mobilisés, prêts à en découdre les armes à la main. Et bien entendu des Alsaciennes et des Alsaciens, dans un contexte où notre région était à nouveau annexée en juin 1940.

L’Alsace a subi une colonisation brutale avec la mise en place d’un régime dictatorial, sous la direction du Gauleiter Wagner. Les nazis ont mené une politique de terreur et de répression sanglante vis-à-vis de tout ce qui s’apparentait à une contestation du régime. La résistance alsacienne a été essentiellement le fait des organisations de la classe ouvrière conduites par le PCF et de l’ancienne aile unitaire de la CGT, sur une base antifasciste, comme le rappellent les recherches de l’historienne Françoise Olivier-Utard. Les communistes étaient la force la mieux organisée mais bien entendu, ils n’étaient pas seuls. Je pense par exemple au courage de la Main Noire et du jeune Marcel Weinum qui est mort avec « cœur pur », et puis à tant d’autres.

A partir de mai 1941, les nazis ont obligé les Alsaciens à servir dans le Reicharbeitsdienst (RAD), puis en 1942, ils ont imposé l’incorporation de force, en livrant en parallèle une féroce répression.

Les communistes ont payé un lourd tribut : le sang et les larmes.

La vie de George Wodli est un condensé de cette histoire. Nous lui rendons un hommage particulier.

Né en 1900, membre du comité central du PCF, cadre de la fédération des cheminots de la CGTU, il a été l'un des fondateur du groupe Mario en Moselle et du réseau Wodli en Alsace. Il a été un résistant central pour la résistance communiste en Alsace-Moselle.

Arrêté par la police de Vichy le 30 octobre 1942, il a été livré à la Gestapo le 18 novembre et transféré au camp nazi de Schirmeck le 16 janvier 1943. Humilié, battu et torturé par la Gestapo à Strasbourg, il est vraisemblablement mort de ses sévices dans sa cellule de la rue Sellenick le matin du 2 avril 1943

Aujourd’hui, nous pensons à ce héros alsacien et à tous les autres, comme Marcel Rosenblatt, membre du comité central du PCF, syndicaliste, député du Bas-Rhin, déporté au camp de Dachau de 1941 jusqu'en 1945.

Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières.

Dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, ont reconstruit le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire. Les femmes ont voté pour la première fois le 29 août 1945 et la Sécurité sociale a été inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition. Le gouvernement a nationalisé des secteurs entiers comme Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail….

Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui. A l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie.

Cette pandémie que nous continuons à affronter dans toute sa brutalité, met elle aussi au cœur du débat un choix de société - dans quelle société voulons-nous vivre ? -, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal. Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies ; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.

Cette crise nous oblige à construire des nouvelles formes de rassemblement alliant mouvement social, luttes citoyennes et partis politiques à toutes les échelles y compris municipale. Alors, discutons, débattons, convergeons pour construire « les jours heureux » dans les conditions d’aujourd’hui. Les communistes sont plus que jamais disponibles.

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27 Mai 2020 : Journée nationale de la Résistance - Commémoration des martyrs de la Résistance et de la création du Conseil National de la Résistance

le 29 mai 2020

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