Fédération PCF du Bas-Rhin (67)

Fédération PCF du Bas-Rhin (67)
Accueil
 
 
 
 

Lettre ouverte du PCF pour un moratoire et une remise à plat du GCO pour des alternatives de mobilités du XXIème siècle

À l’attention de Monsieur Jean ROTTNER,

Président du Conseil Régional de la Région Grand Est,

À l’attention de Monsieur Frédéric BIERRY,

Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin,

À l’attention de Monsieur Robert HERRMANN,

Président de l’Eurométropole,

À l’attention de Monsieur Roland RIES,

Maire de Strasbourg,

 

Objet : Lettre ouverte du PCF pour un moratoire et une remise à plat du GCO pour des alternatives de mobilités du XXIème siècle

 

Messieurs les Présidents,

Mesdames et messieurs les élu.e.s,

La situation du projet du Grand Contournement Ouest de Strasbourg est telle aujourd'hui qu'elle nécessite une décision urgente de votre part, dans l’intérêt de tous nos concitoyennes et concitoyens.

La mobilisation ne désarme pas contre ce projet que le Parti communiste français dénonce avec nombre d’autres, citoyen.ne.s, associations et syndicats, le considérant comme climaticide et ne répondant pas aux besoins de nos populations.

Lors de son passage dans l’émission politique télévisée, le 22 novembre dernier, Nicolas Hulot a évoqué un dossier difficile hérité des situations passées, indiquant qu'il s'était retrouvé à la fois bloqué « sur un plan juridique » et face à la pression d'élus locaux favorables au projet. Il reste que l’ancien Ministre parle sur le fond d’une aberration écologique.

Allez-vous entendre cette voix de la raison qui vient faire écho à la mobilisation sur le terrain ? Pour l’heure, il apparaît que vous choisissez la fuite en avant.

Sur place, l’entreprise VINCI a ouvert une course aux chantiers. Son objectif est de rendre inopérantes certaines décisions de justice qui lui sont défavorables et de s’opposer à la volonté de nos concitoyen.ne.s qui voient sur le terrain l’ampleur des dégâts.

De manière regrettable, les péripéties judiciaires, contradictoires, peuvent faire craindre que la justice soit perméable à la pression de Vinci. Les différentes décisions rendent non effectif l'article 1 de la Charte de l'environnement qui considère que "chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé". Son article 6 énonce que "les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social."

La loi constitutionnelle de 2005 a placé la Charte de l’environnement sur le même plan que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et que le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, dans le « bloc de constitutionnalité ».

Le Parti communiste français souhaite non seulement le respect de la charte de l’environnement par l’État et les collectivités locales, afin de garantir le droit à un environnement sain, mais également son application judiciaire effective.

L’enjeu climatique et la réponse aux besoins de mobilité, que vous vous devez de relever en tant qu’élu.e, sont de première importance. Les événements de ces derniers jours imposent leur prise en compte. Vous ne pouvez prétendre relever ces défis majeurs de l’enjeu climatique et répondre aux besoins de mobilités de nos concitoyen.e.s tout en continuant, par vos actes, à défendre les intérêts d'une multinationale, en l’occurrence ceux du groupe VINCI.

Mesdames, Messieurs, le Parti communiste français vous demande à nouveau solennellement de vous engager sans tarder en faveur d'un moratoire du projet du GCO et pour une totale remise à plat du projet.

Le combat de milliers d’Alsaciennes et d'Alsaciens, soutenu par plusieurs centaines d'élu.e.s locaux et par 70 parlementaires – parmi lesquels les parlementaires communistes - a été d’une exemplarité sans faille. Les grévistes de la faim, dont nous saluons la dignité du combat, ont décidé de transformer leur mode d’action. Face au mépris affiché du gouvernement et du Président de la République Emmanuel MACRON, ils ont finalement considéré que leur vie ne méritait vraiment pas d’être mise en danger.

Le collectif « GCO non merci » a publié 10 propositions alternatives à ce projet. Vous devez y répondre et répondre à toutes celles et tous ceux, de plus en plus nombreux, qui dans la diversité de leurs opinions, s’interrogent sur le GCO.

Pour leur part, les militant.e.s et élu.e.s communistes contribuent au débat avec leurs propositions contre les politiques libérales du « tout camion », en promouvant notamment le développement d'un service public du ferroutage. De plus, comme vous le savez, le Parti communiste français voit en la gratuité des transports publics dans l’Eurométropole une réponse écologique et sociale, ainsi qu'un outil supplémentaire pour le désengorgement de la ville. Toutes ces propositions sont constitutives d'une alternative au projet climaticide du GCO. Elles sont d’une actualité brûlante et plus que jamais à l’ordre du jour.

Mesdames, Messieurs, vous vous devez de prendre en compte l'ensemble des propositions qui sont sur la table !

Afin de répondre au plus vite aux besoins de nos populations et afin d'être à la hauteur de l’enjeu climatique, toutes les contributions doivent être examinées très sérieusement. Aussi, le Parti communiste français réitère sa demande à tous les élu.e.s alsacien.ne.s, les invitant à prendre d'urgence deux décisions qui s’imposent :

- appliquer un moratoire immédiat au projet du Grand Contournement Ouest

- ouvrir un débat s'appuyant sur les propositions alternatives à ce projet.

Dans l’attente de votre réponse, recevez, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les élu.e.s, l’expression de toute notre considération.

 

Antoine SPLET,

Conseiller PCF à l’Eurométropole de Strasbourg

Hülliya TURAN,

Secrétaire départementale de la Fédération du Bas-Rhin du PCF

Marie-Pierre VIEU,

Députée européenne PCF/ Gauche Unie Européenne

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.