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Grand Contournement Ouest : position de Hülliya TURAN, d’Antoine SPLET et de Yasmina Chadli, candidates et candidat PCF-FDG avec le soutien d’Ensemble !

En réponse au collectif non-GCO voici la réponse des trois candidats communistes de l'Eurometropole

Objet : Réponse de Hülliya TURAN, d’Antoine SPLET et de Yasmina Chadli, candidates  et candidat PCF-FDG avec le soutien d’Ensemble !

 

                                                                                                                   Strasbourg, le 4 Juin 2017

Cher-e ami-e,

Dans le cadre des élections législatives, vous souhaitez connaître le positionnement des candidat.es présenté.es par le PCF - FRONT de GAUCHE concernant le Grand contournement ouest, avec deux questions précises : Quel positionnement face à un moratoire pour ce projet ? Quel engagement pour une expérimentation de l’écotaxe ?

La question des déplacements pour les habitant.es d’un territoire est une question foncièrement politique. Se déplacer et par quel moyen ? Quel type de déplacements ? Voilà des questions nécessitant des choix d’aujourd’hui pour une société de demain.

Il est non seulement primordial de se poser les bonnes questions mais aussi de prendre en compte l’ensemble des éléments pour faire des choix. Le débat autour de la question du GCO pose bien évidemment la question des réponses à trouver pour répondre aux besoins et aux problèmes d’aujourd’hui, comme celui de l’engorgement de l’autoroute A35, mais en relevant un défi : quels modes de déplacement et de transports des femmes et des hommes, ainsi que des marchandises, dans l’avenir ?

Pour nous, candidat.es soutenus par le Parti communiste français, la question du GCO est une question qui demande analyse et débat contradictoire.

Pour les communistes chaque question de société qui se pose, doit être appréhendée dans toute sa complexité. C'est le cas pour le Grand Contournement Ouest.  Quels sont les besoins ? Comment y répondre et quels intérêts défendre ? Quels impacts sur l’humain, l’environnement et la biodiversité ?

Un constat : la saturation de l’autoroute A35 constitue un problème aux multiples dimensions.

- Pour la qualité de vie : 

Les « pendulaires » sont les premières victimes des embouteillages, avec plus d’une heure de trajet pour 25km parcourus aux heures de pointes. Des études montrent que passer plus d’une demi-heure de trajet pour se rendre au travail est anxiogène : stress au travail, nuits de sommeil de moins de 7 heures, risque d’obésité, etc. Les personnes les plus exposées à ces embouteillages voient leur santé mise en danger et sont victimes/acteurs d’une pollution plus importante au vu de l’exposition du moteur de leur véhicule au rythme de la circulation saturée.

- Pour des problèmes de santé publique : 

D’après le rapport d'expertise commandé par le ministre des Transport : « La concentration de certains polluants reste préoccupante dans l’Eurométropole, notamment pour le NO2 (dioxyde d’azote) et les particules. De 20 à 40% de la population de la CUS est soumise à des dépassements des valeurs-limites réglementaires de qualité de l’air, principalement à proximité de l’autoroute A35 et de la route du Rhin (…). Les flux d’échanges représentent ainsi un enjeu majeur en matière d’émission de gaz à effet de serre, puisqu’ils représentent 65% des kilomètres parcourus par les voitures dans le Bas-Rhin, et sont donc le premier facteur d’émission de CO2 ». Il en va donc de la santé des utilisateurs de l’autoroute, de tous les habitants vivant à proximité de cet axe routier traversant Strasbourg. Le lien des maladies respiratoires chroniques et la pollution est bien établi.

- Pour le dynamisme économique de notre agglomération : 

La question de la concentration de l’activité économique et celle des modes de déplacement sont totalement imbriquées. Elles ne peuvent être envisagées indépendamment l'une de l'autre. L’agglomération strasbourgeoise concentre une grande partie de l’activité économique du département. Par conséquent, la saturation du flux est un réel frein à la pérennisation et à l’installation de nouvelles activités économiques, notamment en périphérie. Il est nécessaire de trouver des moyens pour désengorger l’accès à Strasbourg.

Peut-on affirmer qu’en l’état le GCO constitue une réponse face aux constats et aux besoins identifiés plus haut ?

La question du contournement de l’agglomération strasbourgeoise doit être réfléchie sous l’angle des transports collectifs, durables et propres.

En tant que candidat-es, vous trouverez nos propositions que nous voulons mettre en débat avec les citoyenn-es.

1ère piste : réduire l’usage individuel de la voiture, favoriser le recours aux transports en communs

La ville et le déplacement doivent être repensés en renforçant le "multimodal" : vélo, transports collectifs type train-tram-bus, covoiturage. Voilà le modèle que nous défendons.

Pour cela, les pouvoirs publics doivent développer des mesures incitatives (covoiturage facilité par le développement des aires de stationnement-relais aux principales bretelles d’autoroutes, sites animés ou relayés par des acteurs publics, implication des entreprises, sites de voitures partagées) dans le but de faire baisser l’usage de la voiture et les  flux routiers.

Cette question des transports doit relever d’un pôle public. Les "externalisations" ou les systèmes  du type « cars Macron » sont à bannir. Des choix clairs pour des déplacements de qualité, respectueux de l’environnement sont au contraire à privilégier.

Cette incitation doit s’appuyer sur des tarifs davantage attractifs pour l’utilisation des transports en commun. Nous sommes favorables à la gratuité des transports en commun pour la CTS, à un ticket unique cts-ter, à une tarification sociale pour l’ensemble des modes de déplacements en commun, sans oublier le développement de la recherche et l’innovation pour des véhicules propres.

Le versement par les entreprises de la taxe transport, davantage encadré par la loi et élargi aux agglomérations de tailles plus petites, sont des leviers d’action.

2ème piste : « Moins de camions, plus de wagons »

D’abord, nous pensons qu’il est indispensable de mener la "bataille du rail", avec un investissement massif dans le rail public. Concrètement, il s’agit de renforcer l’offre de transport des TER afin que celle-ci corresponde davantage aux besoins des habitants et que les tarifs fortement abaissés soient plus incitatifs pour les usagers.

Attachés à la transition écologique dans ce contexte de dérèglement climatique, nous pensons que l’avenir est au ferroutage, attaqué rappelons par les politiques libérales de l’Union Européenne.

Localement, nous sommes favorables à la mise à l’étude, en lien avec les propositions des organisations syndicales de cheminots, d’un tram-train reliant Vendenheim à Kehl, utilisant les voies ferrées existantes. Cette ligne pourrait être aménagée tout du long par des parkings relais. De la même manière, le réseau urbain et interurbain doit être davantage réfléchi « en toile d’araignée » et non sur deux axes créant des centres névralgiques aux heures de pointes dans la ville de Strasbourg. Le  réseau scolaire doit être totalement public avec des transports entièrement électriques ou toute forme d’énergie propre. Cette politique sera aussi pédagogique pour les jeunes générations sensibilisées très tôt à ces questions.

3ème  piste : choisir l’écotaxe

L’autoroute A35 est saturée car elle draine des camions qui ne sont que de passage, notamment depuis la taxe LKW mise en place outre-rhin, générant la circulation de 2 à 3000 camions supplémentaires par jour. La traversée strasbourgeoise est un des axes les plus fréquentés de France, avec environ 10% de poids lourds.

Pour nous, pas de tergiversations sur cette question. Il est urgent qu’une taxe soit appliquée aux poids lourds en transit. Cette taxe pourrait permettre d’investir dans le ferroutage par exemple et de trouver un point d’équilibre avec les autres axes routiers de transit sur le plan européen.

4ème  piste : un pôle public d’un service public en matière de transport

Les routes, de leur conception à leur gestion, en passant par leur réalisation, doivent rester de compétence publique.

L'attribution de l'ouvrage d'œuvre et de la gestion du GCO à VINCI est un élément clé de notre opposition à ce projet de GCO en l'état.

Ce projet « offrirait à l’entreprise VINCI, chargée de sa construction et de sa gestion, une rente versée pendant 54 ans (durée de la concession) ». Pour nous, c'est inconcevable. Il doit y avoir une maîtrise publique pour ce type de projets structurants et ayant un impact sur l’urbanisme.

Nous sommes opposés à cette pratique de Partenariat public-privé, qui permet avant tout à cette multinationale de faire du profit sur le dos des usagers, avec l’argent du contribuable.

Nous sommes opposés à la mise en place de péages gérés par une entreprise privée. D'ailleurs nous sommes opposés à toute taxe pour des déplacements interurbains. Nos élus à l’Assemblée Nationale se sont opposés à la privatisation des concessions d'autoroutes mises en œuvre par la droite.  Sans surprise, ce sont les groupes Eiffage, Vinci et consorts, qui ont racheté ces concessions. Depuis, les péages n’ont cessé d’augmenter. Sur 100 euros payés par les usagers, ce sont entre 20 et 24 euros qui vont directement dans les poches des actionnaires. En presque 10 ans cela leur a rapporté 15 milliards d’euros de profits ! Le Parti communiste français est favorable à la renationalisation des sociétés d’autoroute.

5ème piste : trouver des leviers supplémentaires permettant de réguler les déplacements

La saturation de l’autoroute A35 est concentrée aux heures de pointe. En permettant un assouplissement des horaires de travail, cet engorgement pourrait être limité. Un schéma départemental, voire régional, pourrait permettre de diversifier les horaires de travail et de déplacement.

6ème piste : la sauvegarde de la biodiversité, un impératif de la transition écologique

Le projet GCO a un impact direct sur des terres fertiles alsaciennes. Il n’est pas question de faire fi de cette réalité. Nous n'opposons pas les déplacements humains nécessaires aux besoins de productions agricoles. 

Pour nous, ce projet de GCO ne répond pas durablement aux enjeux à court et long terme car il ne prend pas en compte la transition écologique, une urgence sociale pourtant.

La construction de ce GCO aurait un impact faible sur le trafic s’il se limite à un simple aménagement routier. Pour remédier au problème de saturation de l’A35, il nous paraît nécessaire qu’un ensemble de mesures soient prises dans une perspective de réduction des flux automobiles, passant par des politiques incitatives en terme de déplacements collectifs et propres, mais également de politique de régulation-participation-responsabilisation avec une écotaxe appliquée au transit de poids lourds.

7e piste : mettre fin aux politiques de métropolisation

Cette saturation est aussi le fruit des politiques de métropolisation : les entreprises et les pouvoirs publics concentrent toute leur activité sur Strasbourg et délaissent les territoires ruraux. Cette politique accentue la fracture territoriale et la mise en place d’une France à deux, voire trois vitesses. Au contraire, nous voulons un développement de notre territoire avec un fil directeur : l’égalité territoriale en termes d’accès à l’emploi,  d’accès aux services publics.

Nous proposerons au Parlement des lois allant en ce sens avec notamment un plan de relance des services publics et un plan d’investissement dans des activités productives utiles socialement et écologiquement.

Nous sommes favorables à un moratoire

Toutes ces raisons nous amènent à nous positionner en faveur d'un moratoire pour mieux appréhender l’ensemble des enjeux. Ce moratoire doit être défini avec un contour très clair en associant l’ensemble des acteurs tels que les collectifs "pour" ou "contre" le projet, les syndicats de cheminots et des réseaux CTS par exemple, les syndicats d’entreprises, les salariés et usagers, les scientifiques. 

Il nous paraît incontournable que toutes les pistes pour le désengorgement de l'A35 soient prises en compte dans le débat, y compris celle d'un contournement, adossé à un projet de grande envergure prenant en compte toutes les dimensions du problème. Ce contournement s’il s’avère nécessaire devra répondre à plusieurs critères : être totalement public, sans péage pour les déplacements interurbains et interdépartementale, et respectant l’environnement.

Il y a urgence. Un moratoire ne signifie pas repousser les débats indispensables avec la population, et les solutions, aux calendes grecques !

Avec nos salutations engagées

Hülliya TURAN, pour la 1ère circonscription

Antoine SPLET, pour la 3ème circonscription

Yasmina Chadli, pour la 4ème circonscription

Candidates et candidat présenté.es par le Parti communiste français, membre du Front de Gauche, avec le soutien de Ensemble !

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